Action de groupes de pression

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Actions de groupes de pression


La « société civile » occupe, de nos jours, une place à part entière et bouscule depuis une dizaine d’années les schémas traditionnels de gouvernance et d’exercice du pouvoir. Pour autant, et malgré la profusion de termes tels que « militants », « mouvements sociaux », « lobbys », « groupe de pression », « groupes d’intérêt »…les actions menées par ces acteurs non-étatiques (ONG, milieu associatif, sociétés d’influence…)(ONG) répondent au paradoxe de constituer une menace mais aussi un moteur d’évolution important pour l’entreprise. Il est donc, à mon sens, nécessaire d’apporter une attention accrue à ces groupes divers et variés et qui sont parfois dotés (pour les plus structurés) de ressources équivalentes à certaines multinationales voir à certains états.


  • Définitions :


Tout dépendra de l’angle d’analyse que l’on adoptera…un groupe de pression n’est pas forcément assimilable à un lobbyiste…c’est pour cela que j’ai choisi de donner la définition de E.Grossman et S.Sauruger qui apparaît dans leur ouvrage « Les Groupes d’intérêt – Action Collective et Stratégies de représentation » (Armand Colin, Collection U – 2006) :

« Le groupe d’intérêt est défini comme une organisation constituée qui cherche à représenter les intérêts d’une section spécifique de la société dans l’espace public. Plus étroitement, c’est une organisation constituée qui cherche à influencer les pouvoirs publics dans un sens favorable à son intérêt ».


  • Modalités générales de fonctionnement :


Sans avoir la prétention de tirer des Lois d’un sujet bien trop vaste, nous pouvons tout au moins, nous représenter ces groupes selon certaines « constantes » :

Ces groupes disposent de trois sortes de ressources, variables selon leur organisation et l’intérêt de leur action :

-financières

-sociales

-sociétales.


Ces ressources leur permettent d’activer leur « répertoire d’actions » qui selon la définition de Charles Tilly sont « les moyens établis que certains groupes utilisent afin d’avancer ou de défendre leur intérêt ». Dans ces outils, on peut trouver notamment le recours à la consultation / négociation avec les pouvoirs publics (rencontre avec les hauts fonctionnaires, les députés…), l’emploi des moyens juridiques pour faire valoir l’intérêt à défendre en obtenant des décisions judiciaires conformes, les stratégies de lobbying externe (débats publics, médiatisation, sondage et pétitions, lettre ouverte au gouvernement…). Ces outils pour atteindre leur pleine efficacité sont souvent combinés par les groupes. Ces méthodes ne sont pas le seul fait des grandes organisations telles que les ONG mais peuvent aussi se retrouver dans ce que Kollman (1998) qualifie de « Grassroot Lobbying », c’est à dire des petits groupes d’apparence moins structurés mais qui emploient des techniques externes telles que l’organisation de manifestation ou les campagnes d’Mailing.


Notons que l’ère de l’infosphère (Mass-média, Internet…) peut facilement être utilisée à moindre coup pour une « résonnance » immédiate et massive. En conséquence, pour moi, il existe une donnée essentielle qui va au delà des ressources et de l’organisation d’un groupe…


  • La motivation des personnes à défendre un intérêt – une démarche IE au profit de votre société.


Pour exemple,


Cela vous arrive de vous poiler avec votre voisin sur le petit CIQ du quartier qui revendique une amélioration des voies de passage sur la zone « y sont sympas… » Vous dites vous. Puis vient le jour ou vous implanter votre PME sur la fameuse zone…les problèmes de livraison récurrent vous incite à penser qu’en effet, les voies de passage pourraient être repensées…ce qui n’est pas votre intérêt un jour, peut le devenir le lendemain.


Autre exemple,

Les écolos, Copenhague, le développement durable…rien à cirer dans ma PME. Je reçois un coup de fil de mon associé.. « Tu as jeté un coup d’œil sur le net ? Non ? Parce que figure-toi qu’une nouvelle norme ISO vient d’être affectée à nos produits… » Mon questionnement « qui a décidé ça ? » La réponse « la commission de…sur les conseils d’une ONG verte » mon argument « on en a rien à secouer, les clients… » Réaction virulente de mon associé avisé « et bien figure toi que nos concurrents s’alignent et que selon de très bonnes études les clients attendent cette norme depuis longtemps… ». oouppsss !


Ces deux exemples archétypaux voir folklo, je vous l’accorde peuvent quand même vous servir de base à une réflexion. Et hop ! Un petit cycle du renseignement : quels sont les groupes d’intérêts autour de ma boîte ? Quels sont les intérêts qu’ils défendent ?, suis je en conflit avec cet intérêt ? Suis-je en accord ? Pourrait être le questionnement de départ. Le tour de ce type de question peut vous amener à envisager des stratégies que ce soit dans le sens d’une meilleure gouvernance de votre société, que ce soit dans votre positionnement à l’égard de la communauté externe (qui est souvent « partie prenante » à votre activité sans même que vous en ayez conscience), que ce soit dans l’évaluation des relations que vous avez avec ces groupes d’intérêt. Encore une fois une écoute active et compréhensive de votre environnement peut non seulement vous éviter de passer par la case « gestion de crise » mais aussi vous permettre de détecter ces fameux signaux faibles qui feront évoluer votre activité dans le meilleur sens.


La motivation des personnes constituant ces groupes d’intérêt est donc aussi légitime que votre motivation à pérenniser, à faire évoluer votre activité.


Pour terminer, je dirais que les groupes d’intérêt ne représentent une menace pour l’entreprise qu’à compter du moment où l’on n’a pas su ou voulu les prendre en considération dans l’évaluation de l’environnement de son activité.


Cela fonctionne de la même manière pour les grandes organisations qui avancent leur expertise pour aboutir à la création de normes (softlaw). Je conseille de veiller à leur activité, à leurs actions auprès des commissions que ce soit par des moyens externes (manif, actions coup de poing…) que par des moyens internes (consultation, rencontre avec des autorités…). Les ONG s’inscrivent désormais dans un rôle clairement régulateur auprès des instances nationales et internationales….et puis n’oubliez pas que ce qui est conseillé (softlaw) peut rapidement être imposé (hardlaw – lois et règlements…) alors, encore une fois, servez vous de l’IE, ANTICIPEZ et ADAPTEZ VOUS.


--Mageek5 19 janvier 2010 à 13:56 (CET)